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Journée internationale des femmes 2026 « Droits. Justice. Action. Pour TOUTES les femmes et les filles »

5 mars 2026 09:30 – 11:00 CET
en ligne

Les temps forts de l’événement

Le 5 mars 2026, l’OMS/Europe a célébré la Journée internationale des femmes en organisant un événement en ligne spécial sur le thème « Droits. Justice. Action. Pour TOUTES les femmes et les filles ».

Cet événement a réuni des représentants de l’OMS, de l’UNICEF, d’ONU Femmes, du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), de l’Institut européen pour la santé des femmes, ainsi que des ministères de la Santé d’Albanie, d’Espagne, du Kazakhstan et de la République de Moldova, entre autres.

Les participants ont fait le point sur les progrès accomplis, mis en évidence les lacunes persistantes et appelé à prendre des mesures plus énergiques et coordonnées pour améliorer la santé des femmes et lutter contre la violence à l’égard des femmes et des filles tout au long de leur vie.

Des inégalités persistantes, des changements structurels

En ouverture de cet événement, le docteur Hans Henri P. Kluge, directeur régional de l’OMS pour l’Europe, et Natasha Azzopardi Muscat, directrice de la division Systèmes de santé à l’OMS/Europe, ont souligné que la violence à l’égard des femmes et des filles reste une crise de santé publique qui nécessite de toute urgence une intervention durable.

« Je suis impressionné par l’enthousiasme que nous constatons dans tous les pays, d’ouest en est et du nord au sud », a déclaré le docteur Kluge. « Ma première mesure a été de proclamer ce dont il s’agit : une crise de la santé publique. »

Il a également mis en avant les facteurs structurels à l’origine des inégalités : « À mesure que les pays s’enrichissent, la pénalité liée aux enfants devient le principal facteur d’inégalité entre les sexes. »

À ce sujet, Natasha Azzopardi Muscat a ajouté : « D’ici la fin de l’année, nous publierons le deuxième « Health Equity Status Report » [Rapport de situation sur l’équité en santé]. Mais les données préliminaires montrent que les femmes continuent de subir cette pénalité, même à un stade ultérieur de leur vie. »

Peggy Maguire, qui se consacre depuis plus de 25 ans à dénoncer l’inégalité entre les sexes dans les domaines de la recherche, de l’innovation et des politiques de santé en Europe, a souligné la nécessité d’un leadership et d’une responsabilisation : « La santé des femmes est un baromètre de la légitimité démocratique. Les systèmes de santé qui ne répondent pas aux besoins de la moitié de leur population érodent la confiance. »

« La question n’est plus de savoir si nous avons les moyens d’investir dans la santé des femmes. Tout porte à croire que nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas le faire. Les dirigeants nationaux se sont mobilisés, la dynamique européenne s’accélère, les structures de l’OMS sont en place. Ce qu’il faut désormais, c’est maintenir une volonté politique et une collaboration, car, en fin de compte, les inégalités systémiques sont intégrées dans nos systèmes et, moyennant un leadership politique courageux, elles peuvent en être éliminées. »

Traduire les politiques et les données en mesures concrètes et ambitieuses 

Les orateurs ont présenté des exemples concrets de progrès et de mises en œuvre dans différents pays et systèmes.

Représentant la République de Moldova, Natalia Plugaru, ministre du Travail et de la Protection sociale, a mis en évidence des résultats tangibles : « Selon le « Global Gender Gap Report 2025 » [Rapport mondial sur l’écart entre les sexes 2025] du Forum économique mondial, la République de Moldova figure désormais parmi les 10 premiers pays au monde ayant comblé plus de 80 % de chaque écart entre les sexes. Cela montre que même les petits pays peuvent réaliser des progrès significatifs lorsque l’égalité devient une priorité nationale. »

Au niveau mondial, Antonella Lavelanet, responsable médicale au sein du Programme sur la reproduction humaine de l’OMS, a souligné la nécessité de renforcer les systèmes de santé dans le cadre de démarches globales : « C’est pourquoi l’OMS élabore actuellement ses premières recommandations mondiales sur la périménopause et la ménopause, proposant des recommandations précises pouvant être prises en compte dans le cadre des soins de santé primaires, afin que toutes les femmes, et pas seulement celles qui ont accès à des services spécialisés, puissent bénéficier d’un accompagnement. »

Le professeur Frank Louwen a lancé un appel en faveur d’une collaboration plus étroite : « Désormais, nous avons besoin d’une nouvelle coalition pour la santé des femmes à l’échelle mondiale, mais surtout ici, dans notre région. Cela n’a aucun sens pour nous de rédiger séparément toutes les directives des différentes grandes organisations partenaires. Nous nous réunissons maintenant pour mettre en place une meilleure solution. »

Les exemples d’innovation numérique présentés par Bogi Eliasen ont montré en quoi un changement systémique nécessite une réaction à l’échelle du système : « Nous ne résoudrons pas ce problème en l’abordant maladie par maladie. Bon nombre des causes profondes sont les mêmes, et nous devons reconnaître que le fardeau de la maladie que les personnes supportent tout au long de leur vie est énorme et souvent sous-estimé. C’est pourquoi nous devons trouver de meilleurs moyens d’établir ces liens. »

L’intégration entre les systèmes a été un thème récurrent. « La santé sexuelle et reproductive ne doit pas être traitée de manière isolée ; elle doit être intégrée dans les systèmes et l’architecture de la santé », a souligné Mette Strandlod, spécialiste des politiques et du plaidoyer au Bureau de représentation de l’UNFPA pour les pays nordiques.

Mónica García Gómez, ministre espagnole de la Santé, a souligné l’importance d’une mise en œuvre par le biais de politiques publiques et des services de soins primaires : « En Espagne, nous estimons que le droit des femmes à la gamme complète des soins de santé est garanti lorsqu’il est intégré dans la planification stratégique, qu’il est soutenu par des indicateurs précis, qu’il bénéficie d’un financement stable et qu’il est réalisé au premier niveau des soins. Le renforcement des soins de santé primaires dans une perspective de genre est notre principal outil pour prévenir la violence sexiste et lutter contre celle-ci, et pour évoluer vers un système de santé plus équitable et plus inclusif. »

Ceren Güven Güres, responsable du Bureau de liaison pour l’Asie centrale et représentante du bureau national du Kazakhstan pour ONU Femmes, a insisté sur le lien entre les systèmes de santé et la justice : « On n’accède pas à la justice que par les salles d’audience. Les professionnels de santé sont souvent le premier point de contact, la première étape vers une prise de responsabilité. Là où la justice est faible, la violence persiste. »

Des réformes systémiques sont également menées aux Pays-Bas, où les efforts visent à améliorer la recherche, les normes et la collaboration afin de mieux prendre en compte les différences liées au sexe et au genre dans les soins de santé.

Susanna Åhlund, directrice générale des soins obstétricaux en Suède, a mis l’accent sur l’importance d’un accès équitable : « Le problème, ce n’est pas le manque de traitements. Le problème, c’est l’égalité d’accès. »

Un appel pressant à prêter attention aux expériences vécues a été lancé par Martina Alberani, présidente du Young Women’s Health Group, chercheuse et ardente militante pour la santé des jeunes femmes : « Les inégalités ont une incidence directe sur l’état de santé futur des jeunes femmes. Malgré tous les progrès réalisés, il faut en moyenne 7 ans pour qu’une endométriose soit diagnostiquée, et les jeunes femmes continuent de subir des interventions douloureuses, telles que des biopsies cervicales ou la pose de dispositifs intra-utérins, sans prise en charge de la douleur, même lorsque des moyens sont disponibles. »

Enfin, la vice-ministre Denada Seferi, représentant l’Albanie, a lancé un vibrant appel à l’action : « J’appelle les gouvernements à aligner leurs systèmes de santé nationaux sur le Deuxième Programme de travail européen en intégrant des stratégies fondées sur des droits, avec prise en compte du genre et de tout le parcours de vie, dans la recherche, la budgétisation et les mécanismes de responsabilisation. L’avenir de la santé dépend de notre capacité à concevoir des systèmes qui répondent véritablement aux besoins de 51 % de la population, et donc de tout le monde. »

Un appel à l’action sans équivoque

Si les progrès sont manifestes, ils restent inégaux et, dans certains contextes, fragiles. Pour remédier à cette situation, les intervenants ont appelé à :
  • un engagement politique plus résolu et des investissements durables dans les priorités en matière de santé des femmes ;
  • des stratégies intégrées en matière de santé des femmes, fondées sur des droits et tenant compte du parcours de vie et du genre ; 
  • des réactions plus énergiques des systèmes de santé à la violence envers les femmes et les filles.
Le message était clair : la santé des femmes doit passer du stade des engagements à une intervention courageuse, durable et à l’échelle de tout le système.

L’événement

Le 5 mars 2026, l’OMS/Europe organisera un événement spécial en ligne pour marquer la Journée internationale des femmes 2026 sous le thème « Droits. Justice. Action. Pour TOUTES les femmes et les filles ». L’événement est ouvert au public et tout le monde peut s’inscrire en cliquant sur le lien suivant :

L’événement repose sur le principe selon lequel le droit des femmes à la meilleure santé physique et mentale possible n’est pas une question d’ordre sectoriel, mais une question fondamentale pour instaurer des sociétés équitables, résilientes et durables.

Les femmes représentent 51 % de la population de la Région européenne de l’OMS. Or, dans la Région, des inégalités de santé persistantes, voire croissantes, continuent de se manifester tout au long de la vie. Les femmes passent une plus grande partie de leur vie en mauvaise santé.

De la santé sexuelle, reproductive et maternelle aux maladies non transmissibles, en passant par la santé mentale, le vieillissement et l’accès aux soins, les femmes sont confrontées à des défis uniques et souvent négligés, conditionnés par des déterminants biologiques, sociaux, économiques, culturels, commerciaux et environnementaux de la santé. Les femmes et les filles, dans toute leur diversité, continuent de subir des inégalités et des discriminations liées au genre qui mettent en péril leur santé et leur bien-être.

À l’échelle mondiale, la Région est celle qui affiche les niveaux d’égalité entre les sexes les plus élevés. Pourtant, aucun pays n’a pleinement atteint les objectifs d’égalité fixés par le Programme de développement durable à l’horizon 2030. Les inégalités entre les sexes en matière de revenus, d’accès aux ressources financières, à l’éducation et à l’emploi, de conditions de travail et de protection sociale, ainsi que la violence et la discrimination à l’encontre des femmes continuent de nuire à leur santé tout au long de leur vie.

La violence à l’encontre des femmes demeure l’un des obstacles les plus insidieux à la santé et au bien-être. Près de 1 femme sur 3 subit au moins une fois dans sa vie des violences physiques et/ou sexuelles, le plus souvent de la part d’un partenaire intime. Pourtant, moins de 40 % des pays de la Région ont adopté les politiques minimales recommandées par l’OMS en matière de services de santé pour les soins à dispenser après un viol.

Dans le cadre du Deuxième Programme de travail européen 2026-2030 (2e PTE), l’Initiative spéciale de l’OMS/Europe appelle à une action urgente pour renforcer le leadership du secteur de la santé dans la prévention de la violence à l’encontre des femmes et des filles, et dans la lutte contre cette violence, et pour soutenir leur droit à la santé.

À propos du webinaire

L’événement est ouvert au public et vous pouvez vous inscrire en cliquant sur le bouton « Inscription » au bas de cette page.

Dix ans après que les États membres ont approuvé la Stratégie pour la santé et le bien-être de la femme dans la Région européenne de l’OMS, ce webinaire de haut niveau offre une plateforme pour évaluer les progrès accomplis, recenser les lacunes persistantes et catalyser une action coordonnée.

Le directeur régional de l’OMS pour l’Europe, le docteur Hans Henri P. Kluge, ouvrira l’événement. Ensuite auront lieu plusieurs interventions et tables rondes auxquelles participeront notamment des représentants des organisations suivantes : 

  • le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) ;
  • le Programme des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU Femmes) ;
  • le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) ;
  • l’Institut européen de la santé de la femme ;
  • les ministères de la Santé de l’Albanie, de l’Espagne, du Kazakhstan et de la République de Moldova.